En Corse, comme dans d’autres régions de France, des manifestations ont été organisées pour dénoncer le coût élevé de la vie, la précarité et pour exiger des mesures en faveur des salariés, des fonctionnaires et des plus défavorisés. Une journée d’action le 29 septembre suivie de grèves dans l’administration publique et dans les services publics.
Mardi, des manifestations se sont tenues sur l’ensemble de l’île à l’invitation de tous les syndicats. Des centaines de personnes ont défilé, notamment dans les rues de Bastia et d’Ajaccio, pour dire « ça suffit » et adresser un message de dénonciation au Gouvernement face aux mesures annoncées pour le prochain budget.
A Bastia, près de mille manifestants ont défilé du palais de justice à la préfecture le long de la promenade principale de la ville. Tous les syndicats étaient présents autour de la CGT, qui, il y a quelques semaines pour la nouvelle année sociale, avait lancé un appel à manifester. Étaient également présents des représentants du Parti Communiste et de la LFI (La France Insoumise). Depuis la fin de l’été, la tension sociale est forte en France et des actions ont déjà été organisées, notamment par le collectif des gilets jaunes. Les étudiants des lycées ont pris le contrôle et occupent depuis plusieurs jours plusieurs établissements pour obtenir davantage de ressources pour l’éducation nationale. De nombreux retraités ont également participé à ces manifestations face au désir déclaré du gouvernement d’imputer une partie du déficit budgétaire sur eux.

La déclaration du ministre des Finances, ces derniers jours, a déclenché la poudrière en déclarant que ceux qui percevaient une pension de 2000 euros « étaient riches ». Les syndicats, les partis de gauche et en particulier la LFI furent indignés par ces propos. Et des personnalités de droite comme l’ancien Premier ministre Jacques Chirac, Dominique de Villepin, ont exprimé leur opposition et affirmé que « l’urgence aujourd’hui était la situation sociale ».
La Corse au bas de l’échelle salariale nationale
Comme l’a souligné Charles Casabianca, secrétaire général de la CGT de Haute-Corse, lors de son discours à la préfecture de Bastia, « la Corse occupe le dernier rang au niveau national en termes de salaires », en particulier. « Ici le salaire minimum est un peu plus de 13 euros de l’heure, alors qu’au continent il est de 16 euros », a-t-il indiqué. La Corse souffre aussi d’un important déficit en termes de services sanitaires et sociaux, dans le domaine de l’agriculture et de l’octroi de l’aide sanitaire. Ces dernières semaines, les agriculteurs ont bloqué le port de Bastia et paralysé toute la ville, puis ce fut le tour des pompiers de manifester.

Comme on peut le voir, la situation est explosive et le Gouvernement aura probablement du mal à faire adopter son budget par l’Assemblée nationale. La gauche a déjà annoncé qu’elle présenterait une motion de censure.