Parc national du Stelvio : 3 jours de trekking en haute montagne

5 août 2026

Un itinéraire en haute altitude sur trois jours et trois étapes entre les glaciers du Parc National du Stelvio, le plus vaste d’Europe. Un parcours destiné aux randonneurs entraînés, capables de marcher sept à huit heures par jour, à la découverte d’une des zones sauvages les plus fascinantes des Alpes

Créé en 1935, le Parc National du Stelvio est le parc de montagne le plus vaste d’Europe avec ses 130 700 hectares, et il est aussi le plus riche en biodiversité.

Les glaciers qui ornent cette partie des Alpes figurent parmi les plus importants, fascinants et étendus de l’ensemble de la chaîne continentale.

Depuis l’Ortles jusqu’au Gran Zebrù, du Cevedale au Vioz, ces sommets qui frôlent les 4000 mètres constituent une source inépuisable d’eau.

Ils constituent l’un des principaux réservoirs hydriques des Alpes, indispensables à la survie de tous les êtres vivants, animaux et végétaux, et capables de produire de grandes quantités d’électricité.

Ce que nous vous proposons est un grand trekking en haute montagne, adapté à tout randonneur entraîné capable de marcher 7-8 heures par jour avec des dénivelés quotidiens supérieurs à 1000 mètres.

 

1° jour: de Rabbi au Refuge Dorigoni

  • Durée: 4-5 heures.
  • Dénivelé: +1000 mètres.

Partis du parking de Colèr, où se termine la route, la haute Vallée de Rabbi nous accueille avec le spectaculaire des cascades de Saent.

Après une heure, nous atteignons la malga éponyme, située dans une magnifique plaine à 1700 mètres d’altitude entourée par une vaste forêt de mélèzes.

À l’intérieur de l’établissement, une installation intéressante de vieilles photos raconte l’histoire de l’alpage.

Une pénible marche en zigzag permet de franchir un promontoire d’environ 500 mètres de dénivelé.

Puis on remonte une belle vallée glaciaire jusqu’aux 2457 mètres d’altitude du refuge Dorigoni, à environ quatre heures du départ.

D’ici le terrain devient typiquement d’haute montagne: rares formations pratives entre roches morainiques et blocs erratiques, avec de nombreux petits torrents et de charmants lacs.

En deux heures, on grimpe jusqu’au Passo di Saent, à 2965 mètres, en suivant le balisage 101.

Les derniers 200 mètres de dénivelé sont vraiment exigeants, tant par la pente que par les 1400 mètres déjà parcourus, qui pèsent sur les jambes.

Un dénivelé de mille six cents mètres en une journée constitue une bonne performance.

Depuis le Col, nous profitons de magnifiques visions glaciaires, puis nous attend une descente lourde de deux heures, d’abord sur la neige puis sur une morénie défoncée et raide le long du balisage 12.

Nous dépassons un bel lac glaciaire et ensuite encore des roches verticales pour descendre la paroi morainique extrêmement raide qui descend vers la Val Martello.

Nous décidons de nous arrêter à 2300 mètres, sur le premier pâturage en herbe que nous parvenons à trouver, près d’un torrent impétueux qui fournit de l’eau glacée et délicieuse.

Nous bivouaquons au pied d’un énorme bloc erratique qui nous servira de maison pour la nuit. À l’arrière-plan, les silhouettes imposantes de l’Ortles et du Gran Zebrù.

 

2° jour: du Refuge Dorigoni au Refuge Martello

  • Durée: 6-7 heures.
  • Dénivelé: +1400 / -1100 mètres.

Nous descendons entourés d’une magnifique forêt clairsemée de mélèzes, avec des regards spectaculaires sur la Val Martello.

À 1900 mètres, nous trouvons un embranchement: à droite, le sentier 12 descend encore vers le refuge Genziana, à gauche commence la montée avec les balises 40 puis 37, le Sentier Glaciaire.

À travers cet itinéraire fascinant nous atteignons le Refuge Martello, à 2610 mètres d’altitude.

Les paysages sont vraiment fantastiques, même si la montée dans certains tronçons est très raide et fatigante, mais elle permet d’observer d’énormes structures morainiques, des lacs de cirque et des dépôts glaciaires. Depuis notre bivouac jusqu’au refuge, nous avons marché environ quatre heures.

Le refuge est réputé pour ses plats fumants de Kaiserschmarren accompagnés de confiture de myrtilles. On peut presque tout résister, mais pas à un plat de Kaiserschmarren: le Passo della Forcola, à 3083 mètres, devra encore attendre un peu.

Quatre cents mètres de dénivelé, presque tous sur glacier, et quelques heures nous séparent du point où la crête de Zufallspitze s’arrête pour permettre le passage vers la Vallée de Pejo.

Depuis le Passo della Forcola, le panorama est grandiose: au nord, l’Ortles, 3905 mètres, et la pyramide parfaite du Gran Zebrù, 3859 mètres.

À l’ouest, les deux pointes jumelles du Cevedale, 3769 mètres, et de la Zufallspitze, 3758 mètres, et un peu décalée, la cima du Vioz, 3645 mètres.

Vers le sud s’étend dans sa majesté dolomitique le Groupe de Brenta et, à l’extrême gauche, la face nord de la Presanella, 3558 mètres. La rencontre avec un chamois y est presque routinière.

Il faut encore plus d’une heure, avec une traversée un peu fatigante sur moraines, pour atteindre le magnifique lac glaciaire à 2700 mètres d’altitude, sur la rive gauche orographique de la vallée, où nous bivoucherons la seconde nuit.

Regarder le soleil qui se couche et teinte de rose les glaciers du Palon de la Mare, dans la douce chaleur de nos sacs-poufs, est une expérience à recommander.

 

3° jour: du Refuge Martello au Refuge Larcher et retour

  • Durée: 8 heures.
  • Dénivelé: +500 / -600 mètres.

Si les conditions météorologiques le permettent, on peut descendre jusqu’au Refuge Larcher, à 2610 mètres, puis remonter par le sentier 104 jusqu’à 3100 mètres sous le Cima Campolungo, franchir le glacier du Careser et redescendre ensuite au Refuge Dorigoni et revenir au point de départ.

Du Larcher au parking du Colèr il faut huit heures.

En cas de conditions non idéales sur le glacier, il vaut mieux éviter cette variante et descendre directement par le sentier 102 vers Malga Mare, à 2000 mètres, puis vers Pejo. Il est possible de revenir à Rabbi par les transports publics.

 

 

 

Livia Santoni

Livia Santoni

Je parcours la Corse pour raconter ses sentiers, ses villages et les histoires qui façonnent son identité. À travers mes articles, je cherche à transmettre un regard curieux et respectueux sur le patrimoine, la nature et celles et ceux qui font vivre l’île.