Alors que la vague de chaleur continue de faire rage en Corse, malgré une pluie passagère, la troisième édition de la COP s’est tenue à Bastia, dans les locaux du centre culturel Alboru. Plus de 200 personnes ont pris part à l’événement, élus, représentants d’associations, hauts fonctionnaires territoriaux et les deux préfets de Corse.
Comment guider la transition écologique en Corse ? Cette interrogation était, d’une certaine manière, l’enjeu latent de cette importante rencontre. La longue vague de chaleur, les incendies dans le sud de la France, le refroidissement des villes constituent des problématiques liées au réchauffement climatique et représentent des urgences primaires.
Mais nous devons aussi planifier l’avenir et construire des politiques proportionnées aux défis et aux changements climatiques qui pèsent depuis longtemps et dont l’importance n’a pas encore été mesurée à leur juste niveau. C’est ainsi que cette COP 2026 a présenté les grandes orientations issues des travaux menés en 2025 et au début de 2026 sur l’adaptation au changement climatique, et a annoncé les priorités à accomplir d’ici la fin de l’année. Une chose est certaine : l’État n’agira pas seul et les autorités locales seront partenaires. Il faut aussi envisager un cadre de partenariat financier, qui toutefois soulève de nombreuses questions face à la situation financière des territoires. Depuis 2024, année de sa création, la COP Corse conduit des travaux de coopération en faveur du changement climatique. L’objectif déclaré est de faire de la Corse un laboratoire exemplaire d’ici 2030. Cette orientation a donné lieu à une unique question pour le programme « 100 territoires d’électrification », soutenu par l’autorité locale et l’ensemble des partenaires impliqués. Au cours de cette troisième édition, des tables rondes ont été organisées sur les questions qui influencent le changement climatique dans son ensemble. Elles portaient sur l’énergie, l’abandon des combustibles fossiles au profit de l’électrification et le développement du photovoltaïque, tout en préservant les zones naturelles et agricoles. Bâtiments, mobilité et transports, déchets avec leur réduction, augmentation de la collecte et généralisation du compostage, industrie avec décarbonisation, agriculture, alimentation et sylviculture, espaces naturels et eau. Pour l’ensemble de ces volets, des actions ont été planifiées et les résultats sont déjà en cours. Enfin, la question du tourisme, l’une des principales, sinon la principale, activité économique de la Corse, était également au programme. L’objectif est de promouvoir un tourisme durable par le biais de labels comme outils de la transition écologique du tourisme : Label Eco-Européen pour l’hébergement, label « green destination », label « ports propres ». La Corse compte 18 ports maritimes sur 1000 kilomètres de littoral.
Laboratoire environnemental

La Corse, grâce à sa situation géographique, peut être un laboratoire environnemental d’exception, tel est le consensus partagé par tous les participants. Pour l’avenir, il faudra aussi s’adapter à la hausse des températures : treize actions sont prévues, face à une augmentation des risques naturels (quinze actions); soutenir l’adaptation des secteurs agricoles, accélérer la transition énergétique et écologique via, par exemple, un projet fondé sur la thalassothermie pour le centre des congrès d’Ajaccio. L’événement s’est conclu par une visite à l’École Charles-André, dans les quartiers méridionaux de Bastia, qui représente un exemple du projet scola fresca réalisé par la commune.