Trekking en Sardaigne : itinéraires à faire au moins une fois

14 août 2026

Pas seulement la mer. La Sardaigne cache un arrière-pays sauvage, des gorges millénaires et des villages nuragiques oubliés au cœur des forêts. Enfile tes bottes et découvre l’île que les baigneurs ne voient jamais

Quand on pense à la Sardaigne, sans doute la première image qui vient à l’esprit est celle d’une mer turquoise, d’une plage de sable blanc, peut-être un apéritif au coucher du soleil.

C’est exact : la mer sarde figure parmi les plus belles du Méditerranée et n’a pas besoin de faire ses preuves.

Mais si l’on ne se fixe qu’à la côte, on ne voit qu’une partie de l’île. Peut-être même moins.

La Sardaigne véritable — celle qui te pénètre et ne te lâche plus — est celle qui se découvre à pied, au fil de sentiers qui traversent des gorges de roches calcaires, des bosquets de bruyères et de chênes, des hauts-plateaux ventés où le silence est si profond qu’il paraît irréel.

C’est une île qui récompense ceux qui marchent, qui offre paysages et histoires à ceux qui savent les gagner.

Comment organiser ton trekking en Sardaigne

La Sardaigne n’est pas une destination où l’on improvise le trekking, surtout sur les itinéraires les plus exigeants tels que Gorroppu et Tiscali. Voici ce qu’il faut savoir avant de partir.

Les bonnes chaussures font la différence. Oublie les sandales et les baskets de ville : les sentiers sardes sont souvent rocheux, irréguliers et glissants.

Une bonne chaussure de trekking avec une semelle Vibram et un soutien de la cheville n’est pas une option.

L’eau, c’est tout. Par temps chaud, la déshydratation sur les sentiers peut être dangereuse. Emporte toujours au moins deux litres par personne, davantage si les températures grimpent. Les fontaines le long des parcours ne sont pas garanties.

Pars toujours tôt le matin. La chaleur de l’après-midi peut transformer un sentier agréable en parcours périlleux.

Les départs à l’aube — ou au plus tard à sept heures — te donnent les meilleures heures de la journée et te permettent de rentrer avant le pire de la chaleur.

Fais-toi guider sur les chemins exigeants.

Gorroppu et Tiscali, en particulier, sont des sentiers où se perdre est plus facile qu’il n’y paraît. Un guide local connaît le territoire, les variantes, les points sensibles et transforme souvent une simple randonnée en une expérience bien plus riche.

Si tu souhaites explorer ces parcours et d’autres avec un accompagnement expert, jette un œil aux randonnées trekking en Sardaigne : ce sont des itinéraires guidés pensés pour ceux qui veulent découvrir l’île à pied, avec toute la sécurité et la profondeur apportées par quelqu’un qui connaît réellement le territoire.

Et voici les itinéraires à absolument faire.

Gorroppu : descends dans la gorge la plus profonde d’Europe

S’il existe un endroit en Sardaigne qui te coupe le souffle avant même de commencer à marcher, c’est la Gola di Gorroppu.

Des parois calcaires qui s’élèvent jusqu’à quatre cents mètres, un torrent qui coule au fond entre d’immenses blocs, un silence qui a la consistance de la pierre.

Tu regardes l’un des canyons les plus spectaculaires d’Europe et pour y accéder il faut marcher.

Le point de départ est Orosei, et le trajet dure environ 8 heures aller-retour.

Ce n’est pas une promenade: le sentier est exigeant, le terrain est irrégulier, et à l’intérieur de la gorge on chemine sur des blocs qui exigent attention et bonnes chaussures. Mais chaque mètre d’effort est récompensé par une vue que tu ne trouveras nulle part ailleurs.

La meilleure saison pour s’attaquer à Gorroppu est le printemps et le début de l’automne: en été, la chaleur à l’intérieur de la gorge peut être extrême, et le torrent se tarit parfois, privant le paysage d’une partie de sa magie.

Emporte beaucoup d’eau, des encas énergétiques et démarre tôt le matin.

C’est l’un de ces endroits qui, une fois que tu y es allé, devient la référence pour tout le reste.

Tiscali : marche jusqu’au village nuragique caché dans la montagne

Imagine un village construit à l’intérieur d’une doline — une cavité naturelle dans la roche, ouverte vers le ciel — caché parmi les montagnes du Supramonte, si bien qu’il est resté secret pendant des siècles.

Tiscali est exactement cela : un établissement nuragique que nos ancêtres ont implanté dans un endroit où personne n’aurait pensé le chercher.

La randonnée part de Su Gologone, près d’Oliena, et se déroule sur environ 8 heures à travers l’un des paysages les plus sauvages de Sardaigne.

On grimpe le long de sentiers parmi les chênes-lièges et les genévriers, on traverse des vallées silencieuses, et puis — quand on a presque perdu tout repère — on atteint la doline et on comprend pourquoi ce lieu est resté caché si longtemps.

Tiscali n’est pas seulement une randonnée : c’est un voyage dans le temps.

En marchant entre les huttes nuragiques encore partiellement debout, il est difficile de ne pas se demander comment devait être la vie là, suspendue entre la roche et le ciel, loin de tout et de tous.

Emporte des chaussures de trekking à semelle robuste et une bonne réserve d’eau. La descente finale vers la doline est raide et demande de l’attention, mais c’est aussi le moment le plus émouvant de l’ensemble de l’excursion.

Nora : marche entre les ruines romaines face à la mer

Toutes les randonnées ne doivent pas te mener au sommet d’une montagne ou au fond d’une gorge. Parfois, le chemin le plus beau est celui qui traverse l’histoire — littéralement.

Le Parc Archéologique de Nora, dans le sud de la Sardaigne, est l’un de ces lieux qui surprennent par leur manière de mêler archéologie et paysage.

On chemine entre des mosaïques romaines encore visibles au sol, des thermes, un théâtre donnant directement sur la mer, et des vestiges d’habitations phéniciennes et puniques qui précèdent de plusieurs siècles la domination romaine. Le tout sur une péninsule entourée de mer des trois côtés.

Le parcours dure environ 5 heures et convient même à ceux qui ne sont pas de véritables trekkeurs: le terrain est accessible, le dénivelé faible, et la longueur le rend adapté à des enfants plus âgés ou à des personnes âgées accompagnant.

Mais ne te laisse pas tromper par la facilité: ce que tu vois ici est extraordinaire, et il vaut mieux marcher lentement, regarder attentivement, et laisser le lieu te raconter son histoire.

Le conseil est de le visiter le matin: en été, le soleil de l’après-midi peut être impitoyable, et certaines parties du site sont entièrement exposées.

L’aube sur Nora, avec la lumière rasante qui éclaire les mosaïques et la mer qui scintille à l’arrière-plan, est l’une de ces expériences qui à elles seules justifient le voyage en Sardaigne.

Su Nuraxi di Barumini : le trek qui te mène au cœur de l’époque nuragique

Barumini, dans l’entourage de Sardaigne centrale, est l’endroit où l’on comprend vraiment qui étaient les nuragiques.

Su Nuraxi est le complexe nuragique le mieux conservé de toute l’île — inscrit sur la liste UNESCO depuis 1997 — et le visiter n’est pas seulement du tourisme culturel.

C’est faire un saut en arrière de trois mille ans dans un paysage qui semble être resté intact.

Le parcours de visite est une marche accessible mais dense en contenu : tours mégalithiques, huttes, structures défensives, puits sacrés.

Chaque pierre raconte quelque chose, et si tu as la chance d’avoir un guide passionné — comme c’est souvent le cas ici — tu repars avec une compréhension de l’île que tu n’imaginais pas pouvoir atteindre.

Su Nuraxi se marie parfaitement à une journée à l’intérieur des terres: la Marmilla, la région autour de Barumini, est l’un de ces morceaux de Sardaigne que les touristes de masse n’atteignent jamais.

Des collines douces, des villages paisibles, une cuisine paysanne qui n’a rien à envier à la gastronomie du nord. Si tu te déplaces sur l’île en voiture, intègre Barumini à ton itinéraire sans hésitation.

La Sardaigne que tu n’attendais pas est celle qui dure le plus

La mer s’en souviendra quelques semaines. La couleur de l’eau, le sable blanc, l’odeur de la brise marine. Puis tout se dilue, comme s’effacent aussi les vacances.

Mais le moment où tu es entré dans la Gola di Gorroppu et que tu as levé les yeux vers les parois rocheuses qui se refermaient au-dessus de toi, celui-là ne s’efface pas.

Le silence de Tiscali, avec les huttes nuragiques baignées dans la lumière filtrée par la doline, celui-là reste gravé.

Avance. La meilleure Sardaigne t’attend loin de la plage.

 

 

Livia Santoni

Livia Santoni

Je parcours la Corse pour raconter ses sentiers, ses villages et les histoires qui façonnent son identité. À travers mes articles, je cherche à transmettre un regard curieux et respectueux sur le patrimoine, la nature et celles et ceux qui font vivre l’île.