Les Portugais de Corse célèbrent Notre-Dame de Fatima

11 août 2026

Les Portugais de Corse ont célébré avec ferveur la Madone de Fatima. Dans de nombreuses villes de l’île, des cérémonies ont été organisées en l’honneur de la Madone, qui, d’une certaine manière, est la patronne du Portugal.

On dit que la Corse est une terre mariale. Il existe de nombreux sanctuaires dédiés à la mère de Jésus. Les plus célèbres sont ceux de Lavasina, Niolo, Pancheraccia ou le couvent d’Alesani. Mais la Vierge en Corse est également honorée à Calvi près de Santa Maria Maggiore, à Bastia la Vierge d’Argent Assunta Gloriosa de la cathédrale, de Notre-Dame de Lourdes sur le port nouveau, à Ajaccio avec la Madone de la Miséricorde. Toutefois Notre-Dame de Fatima resta discrète pendant de nombreuses années malgré les répercussions mondiales associées à ses apparitions à trois bergers à Cova da Iria en 1917. Ces apparitions, cependant, ne furent pas officiellement reconnues par l’Église avant 1930, mais dès le début la dévotion envers Notre-Dame de Fatima ne cessa de croître. À la fin des années cinquante, la première statue de Fatima arriva en Corse, à Bastia. Ce fut la paroisse Notre-Dame de Lourdes qui prit l’initiative, sous la conduite du chanoine Colombani, curé de l’époque. La statue arriva en navire depuis Marseille. À l’arrivée à Bastia, une foule de Bastiais (il y avait alors peu de Portugais) attendait sur le port. La statue, accompagnée par la Banda Municipale, par les autorités ecclésiastiques et par des centaines de fidèles, fut placée dans l’église de Capanelle où elle est honorée chaque 13 mai. C’est la statue la plus ancienne de la Vierge de Fatima en Corse.

Aujourd’hui, Fatima, tout comme Lourdes, figure parmi les lieux les plus importants du monde pour la célébration de la Vierge. Ce qui, au début du XXe siècle, n’était qu’un petit village accueille chaque année des millions de pèlerins. De nombreux papes s’y sont rendus: Benoît XVI, François et Jean-Paul II, qui offrit le projectile qui l’avait blessé à la Vierge, convaincu que Notre-Dame de Fatima l’avait sauvé. Le projectile fut perpétré lors de la fête de Fatima, le 13 mai 1981. Le projectile de l’arme orne aujourd’hui la couronne de la Vierge.

Dès l’arrivée d’une communauté portugaise représentant environ 15 000 habitants, la fête de Notre-Dame de Fatima a connu un grand essor en Corse. Chaque mai, des cérémonies religieuses se tiennent dans de nombreuses régions de l’île, à Sartène, Porto-Vecchio, Ajaccio et Bastia. Dans cette dernière ville, deux cérémonies ont été organisées cette année. L’une, le samedi 16 mai, avec une procession aux flambeaux en soirée. Depuis l’Oratoire de Saint-Joseph dans la Cité Haute jusqu’à la Cathédrale de l’Assomption Glorieuse à l’intérieur de la citadelle où la messe fut célébrée par le père Bertoni. Pendant la liturgie, des chants en français et en portugais se mêlaient. Le dimanche eut lieu une autre cérémonie avec une messe célébrée par le père Paolo dans l’Oratoire de Saint-Joseph, suivie d’une procession de retour à la cathédrale. Des manifestations auxquelles participèrent de nombreux Portugais, mais aussi de nombreux Bastiais. La journée s’est conclu par un buffet proposant de nombreux plats et produits portugais.

Comme pour la tradition de Sainte Zita importée par les immigrés italiens, l’ancrage de la tradition de Fatima est l’une des conséquences heureuses de l’immigration portugaise. L’immigration, comme beaucoup aimeraient nous le faire croire, n’est pas un obstacle pour le pays d’accueil, mais une source de partage culturel qui ne peut qu’enrichir les relations entre les communautés.

Petru Luigi Alessandri

Livia Santoni

Livia Santoni

Je parcours la Corse pour raconter ses sentiers, ses villages et les histoires qui façonnent son identité. À travers mes articles, je cherche à transmettre un regard curieux et respectueux sur le patrimoine, la nature et celles et ceux qui font vivre l’île.