Les îles Éoliennes qui circulent sur les réseaux sociaux sont celles de Stromboli la nuit, avec la lave qui descend vers la mer, et celles de Panarea avec les yachts amarrés dans la calanque de San Pietro. Ce sont des images réelles, mais elles représentent deux îles sur sept. Les cinq autres vivent une dimension complètement différente
Filicudi et Alicudi sont les plus éloignées de l’archipel. À Alicudi, il n’y a pas de routes asphaltées : il existe des sentiers muletiers et des escaliers en pierre qui montent du port vers les terrasses abandonnées du flanc.
Les quelques habitants qui restent toute l’année se déplacent à pied ou en bateau. Les ânes furent jusqu’à il y a quelques décennies le seul moyen de transport pour les marchandises : certaines familles les utilisent encore. Porter les bagages à la main sur les marches menant du port fait partie intégrante de l’expérience.
Filicudi possède une archéologie subaquatique exceptionnelle. L’épave du Nave dei Cretesi, un bâtiment du XIIIe siècle avant Jésus-Christ, est l’une des découvertes préhistoriques les plus importantes de la Méditerranée.
Les fonds marins autour de l’île conservent d’autres épaves et une flore et une faune marines en excellent état de conservation. Pour les plongeurs expérimentés, c’est l’un des sites les plus intéressants des îles italiennes.
Salina est la plus verte, avec ses deux cônes volcaniques éteints, la Fossa delle Felci et le Monte dei Porri, couverts d’une végétation dense. Les vignobles dont provient la Malvasia delle Lipari DOC alternent avec les forêts de chêne-liège et de châtaigne.
Le sentier qui relie les deux cratères nécessite environ quatre heures de marche à travers les bois et des points de vue sur l’archipel : il figure parmi les parcours de trekking les plus complets des îles mineures italiennes.
Santa Marina Salina est le village principal, avec une vie quotidienne qui, hors saison, garde la qualité d’un endroit non conçu pour les touristes.
Pour atteindre les Éoliennes en ferry, les départs se font principalement depuis Milazzo et, plus rarement, depuis Naples et Palerme.
TraghettiLines est l’outil le plus utilisé en Italie pour rechercher et comparer les itinéraires : il regroupe les compagnies opérant sur l’archipel avec la possibilité de filtrer par trajet, horaire et type d’hébergement.
Pour ceux qui organisent un tour sur plusieurs îles en séquence, il est aussi utile pour planifier les liaisons internes entre une île et l’autre, qui suivent des horaires différents de ceux des trajets depuis le continent.
Vulcano est la première île que l’on atteint depuis Milazzo, et la plus accessible. L’ascension jusqu’au Gran Cratere dure environ quarante-cinq minutes sur un sentier de cendre et de lapilli : l’odeur de soufre est intense dès le port et s’accentue à mesure que l’on monte.
Du bord du cratère, on peut voir la coulée de lave solidifiée de 1888, la dernière éruption documentée. Les thermes de boue du port, où des eaux chaudes se mêlent à la mer, sont fréquentés surtout par les habitants de Lipari et par les touristes qui arrivent en journée.
Lipari est la plus grande et la mieux équipée de l’archipel, avec un centre historique qui mérite une visite indépendamment du reste.
Le musée archéologique des Éoliennes, dans le château de Lipari, regroupe l’une des collections de céramiques préhistoriques les plus complètes de la Méditerranée : les matériaux proviennent des fouilles menées sur l’île à partir des années cinquante.
La pumice extraite au cours des siècles des gisements du versant nord a modelé le paysage de manière visuellement extraordinaire, avec les carrières blanches qui descendent vers la mer.
Les sentiers volcaniques de l’archipel exigent une préparation adéquate. L’ascension à Stromboli se fait uniquement avec des guides certifiés, obligatoires au-dessus de quatre cents mètres pour des raisons de sécurité : l’activité volcanique est continue et imprévisible.
Porter des chaussures de marche à semelle robuste, et non des sandales ou des baskets, est la première règle pour toute excursion dans l’archipel.
L’été est la période où les ferries sont les plus fréquents, mais juin et septembre constituent les meilleures fenêtres pour marcher : les températures sont plus douces et les sentiers moins fréquentés.